Homélies

DIMANCHE 22 JUIN 2014 : St MARTIN de FOULAYRONNES

 

DIMANCHE 1er DECEMBRE 2013 : Entrée dans l'AVENT

"Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous pour le combat de la lumière." 

Frères et soeurs bien-aimés, quand je vais au cinéma, je ne sais pas si c'est pareil pour vous, j'aime voir un film qui va à la fois me transporter dans un autre lieu, une autre culture ou dans un autre regard (celui du cinéaste sur la vie quotidienne), et aborder différents sujets de la vie, de ma vie. Un film qui saisisse mes émotions et mon intelligence. Et après un bon film, quand on est vraiment entré dedans, il faudra un nécessaire et progressif retour à la réalité après le film…

Et si vous allez voir un match, j'imagine aussi que vous aimez comme moi être dedans, comme dans la peau de l'équipe que vous supportez, en tous cas vivre une certaine plénitude…Au contraire, si le match nous ennuie, on sent plus vite le froid qui pique, surtout en cette saison !

Eh bien, vivre la Messe dominicale, c'est finalement un peu pareil ! Puisque nous sommes rassemblés et que le Seigneur nous appelle à vivre une réelle communion. La Messe est la liturgie à la gloire de Dieu, certes, mais c'est une assemblée humaine qui est appelée et qui se constitue pour recevoir la communion offerte par le Christ. Et de fait, à certaines Messes, alors qu'à toutes les Messes le Seigneur se donne de la même manière, nous disons en sortant : « c'était vraiment une très belle messe ». A certaines Messes, nous sommes vraiment entrés dedans, selon différents facteurs subjectifs mais aussi objectifs, ou bien nous étions présents physiquement mais sans être vraiment entrés de l'intérieur…

Mais ce qui fait toute la différence entre la Messe et les exemples précédents, c'est justement le retour à la réalité. Il sera moins abrupt. Car l'Eucharistie dominicale ne touche pas que nos émotions sensibles, mais traverse réellement toute notre humanité (notre corps, notre esprit, notre histoire personnelle, nos sens, nos relations, etc). Un bon film lui, ou un bon match, va toucher essentiellement nos émotions et quelques heures après, le souvenir sera beaucoup moins tenace…Alors que quand le Seigneur nous dit « Je t'aime » et que nous le recevons vraiment, cet amour va rester gravé beaucoup plus longtemps et profondément !

L'Eucharistie est la DESCENTE de DIEU dans notre vie, sa venue que nous entendons, comprenons et recevons progressivement dans la liturgie.

Il y eut un premier avènement de Jésus, à Bethléem, il y aura un dernier avènement comme Jésus le dit aujourd'hui à ses disciples (Matthieu 24), un jour, à la fin des temps. Il arrivera « bientôt » ou « rapidement », c'est le même mot en grec. Mais entre les deux, l'avènement de Jésus est permanent : Jésus descend et vient en chaque Eucharistie. La Messe dominicale est donc un APPEL : « Venez, montons à la montagne du Seigneur » (Isaïe 2, première lecture). Jésus vient, il descend et il nous dit « Viens… », il nous appelle. Un appel, et une PLENITUDE, car le Seigneur vient pour nous « emplir » de sa présence. Il vient nous habiller, nous « revêtir » entièrement de son Amour (notre corps, notre esprit, notre histoire personnelle). Et cela ne va pas toucher que nos émotions ! C'est un Amour qui dure et qui nous habite…

Laissons-nous donc habiller par le Seigneur pendant la Messe dominicale, laissons-nous aimer intégralement par Lui !

« Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous pour le combat de la lumière. »

AMEN.

 

DIMANCHE 25 AOUT 2013 : Clôture de la Mission à Tonneins

« Seigneur, n'y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ?  Jésus leur dit : ' Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite. »

Frères et soeurs bien-aimés, au terme de cette Mission dans votre paroisse, après s'être arrêtés à Clairac, à Tonneins, à Fauillet, à Varès et Grateloup, à Laffitte-sur-Lot et à Bourran pour visiter les habitants et « dire Bonjour » de la part de Dieu, nous allons repartir…Pourquoi avons-nous fait cela ? Pourquoi repartir déjà alors qu'il y a encore d'autres personnes à rencontrer, à écouter ? Pourquoi cette oeuvre d'amour et pourquoi cette fin apparente ?

Est-ce seulement pour « dire bonjour » que nous sommes venus et que nous avons enduré le bitume et la peur parfois de sonner à votre porte ?!

Oui, en premier lieu, c'est d'abord pour vous « dire Bonjour » que nous sommes venus vous visiter. Cette salutation est tout simplement inspirée de la salutation angélique de l'Archange chez Marie…Mais vous dire bonjour de la part de Dieu lui-même ! Car c'est Lui qui nous a envoyés : le Pape François dans son homélie de clôture des JMJ à Rio nous a lui-même envoyés vers tous et cet appel du pape a même décidé une d'entre nous à être là cette semaine…C'est Lui aussi qui vous connaît, pas nous.

Nous avons souvent entendu dire « Oh, Dieu, il ne répond pas quand on lui demande ! » Eh bien si ! Il le fait à son heure, certes, mais il vous parle et vous répond. Et nous voulons en être les témoins ! Dieu dit aujourd'hui dans le Livre du prophète Isaïe (première lecture, Is 66) : « Je viens rassembler les hommes de toute nation et de toute langue (…) Ces messagers de mon peuple annonceront ma gloire parmi les nations ».

Oui, le Seigneur Dieu, Créateur et Sauveur, nous a envoyés vers vous pour vous dire une nouvelle fois ou une première fois : « Je m'intéresse à toi, je te connais et je t'aime. » Cependant, si vous êtes ici, à l'église ce dimanche, c'est pour entendre la suite ! Car après la salutation, le « Bonjour », il y a une suite !

Voici ce que dit la Lettre aux Hébreux aujourd'hui : « Quand le Seigneur aime quelqu'un, il lui donne de bonnes leçons. Mon fils, ne néglige pas les leçons du Seigneur ». Et dans l'Evangile, Jésus dit aujourd'hui : «  Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite » après la question des disciples « Seigneur, n'y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? »

Qu'est-ce que cela signifie pour nous ? Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ?!

Regardez la petite porte ouverte, ouverte tôt le matin et jusqu'au soir, de l'église Notre-Dame de Tonneins…Regardez et méditez : Que nous dit-elle ?

« Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite »…voilà une parole de notre Seigneur Jésus. Cela signifie que nous ne rentrerons pas comme un troupeau, de manière anonyme et sauvage. Nous rentrerons petit à petit, chacun à son rythme, avec charité en faisant passer avant nous celui qui est là aussi. Cela signifie que nous ne sommes pas, aucun, des individus anonymes pour le Seigneur, mais au contraire que le Christ nous aime chacun.

N'est-ce pas chacun qui a été racheté par le Sang de sa croix ? J'ai découvert d'ailleurs dans cette église la plaque de consécration de la paroisse au Sacré Coeur de Jésus en 1873, il y a 140 ans, et la statue du Sacré Coeur dans chacune de vos églises…Jésus, Lui, ne l'a pas oublié.

Pour le recevoir, Lui, le Christ, et son salut, son rachat vivant et libérateur, il faut entrer et recevoir la fontaine de sa grâce. Demander et recevoir les sacrements. Mais vous avez tous bien entendu : Jésus dit « Efforcez-vous ». Cela signifie qu'il faut faire un effort, ou des efforts. Vous n'obtiendrez rien sans efforts…Nous n'obtiendrons rien sans efforts.

Or, entrer par la porte étroite, cela ne va-t-il pas demander des efforts ? Entrer dans l'église, accepter la Parole de Dieu et sa Providence dans notre vie, cela ne nous demande-t-il pas des efforts ? Persévérer dans la foi, cela se fait-il sans efforts, même pour nous qui sommes plus jeunes et qui avons la chance de pouvoir vivre des JMJ ou d'autres temps forts ? Le Pape François dit dans sa première Lettre Encyclique « La lumière de la foi » : « Ainsi, l'homme a-t-il renoncé à la recherche d'une grande lumière, d'une grande vérité, pour se contenter des petites lumières qui éclairent l'immédiat, mais qui sont incapables de montrer la route. (…) La foi naît d'une rencontre avec le Dieu vivant. (…) La foi naît d'une écoute. »

Alors, frères et soeurs, je vous en supplie : « Efforcez-vous » de choisir la lumière de la foi au Christ mort et ressuscité pour notre rachat ! « Les premiers entrés seront les derniers et les derniers seront les premiers ». Pourquoi ? Parce que nous sommes entrés chacun personnellement, et que nous sommes tous égaux pour le Seigneur, les premiers, les derniers comme ceux du milieu…

Mais comment arriver à entrer dans la foi en Jésus ? Cette Mission nous le redit : « Jamais seul » et « Avec amour » et attention les uns pour les autres. C'est aussi le secret de la Petite Thérèse de Lisieux et le secret de l'Eglise du Ciel qui prie pour nous, et de l'Eglise de la Terre qui oeuvre pour le salut de tous !

« Jésus, mon seul Amour, au pied de ton Calvaire, que j'aime chaque soir à te jeter des fleurs ! En effeuillant pour toi la rose printanière, je voudrais essuyer tes pleurs…

Jeter des fleurs, c'est t'offrir en prémices les plus légers soupirs, les plus grandes douleurs. Mes peines et mes joies, mes petits sacrifices, voilà mes fleurs !

Seigneur, de ta beauté mon âme s'est éprise, je veux te prodiguer mes parfums et mes fleurs en les jetant pour toi sur l'aile de la brise, je voudrais enflammer les coeurs !

Jeter des fleurs, Jésus, voilà mon arme, lorsque je veux lutter pour sauver les pécheurs. La victoire est à moi…toujours je te désarme, avec mes fleurs !!!

Les pétales des fleurs, caressant ton visage te disent que mon coeur est à toi sans retour. De ma rose effeuillée tu comprends le langage et tu souris à mon amour.

Jeter des fleurs, redire tes louanges, voilà mon seul plaisir en la vallée des pleurs…Au Ciel j'irai bientôt avec les petits anges jeter des fleurs ! » (Poème de Ste Thérèse de l'Enfant Jésus)

Amen, Alleluia !
 

Dimanche 31 mars 2013 : SAINT JOUR DE PAQUES

"Marie-Madeleine court donc trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, et leur dit : "On a enlevé le Seigneur de son tombeau et nous ne savons pas où on l'a mis"

Frères et soeurs bien-aimés, quelle force est l'amitié ! L'amitié des disciples…qui ont vécu des choses fortes ensemble est cette même amitié devenue naturelle qui va porter le foi des premiers disciples au matin de la Résurrection, et au commencement de l'Eglise. Oui, quelle force, quelle nouveauté que cette "amitié dans le Christ" !

En effet, après la mort de Jésus sur la croix et sa mise au tombeau, ce compagnonage des disciples aurait pu se dissoudre et se disperser…Et même à la nouvelle de la Résurrection, leur amitié aurait pu vaciller, se diviser, se défaire entre ceux qui arrivaient à croire et ceux qui ne pouvait croire que c'était vrai…. Mais non, et même au contraire, le Christ Jésus, Sauveur de tous les hommes, a renforcé leur amitié pour former son Eglise. L'Eglise des disciples du Christ, de ceux qui ne se connaissaient pas, de ceux qui parfois été opposés (Cf voir le casting des Apôtres… : phairisiens, zélotes, publicains, etc !) est devenue une communauté de "frères" et de "soeurs". C'est-à-dire d'hommes et femmes appelés à s'aimer les uns les autres, selon le commandement même du Seigneur : "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés".

Et comment ne pas voir que notre foi en Jésus Christ repose effectivement très concrètement sur l'amitié et la fraternité avec d'autres chrétiens qui nous soutiennent ou avec qui nous vivons ?! C'est vrai quand on est enfant, avec les amis du caté, mais c'est vrai aussi quand on est ado avec les amis de l'aumônerie, d'un mouvement; c'est vrai quand on est étudiant, jeune pro, mais aussi jeunes mariés…, et c'est vrai encore quand on est adultes, engagés, en équipe de couples ou dans un groupe de prière par exemple…ou bien encore quand, âgés, on prie le chapelet ensemble par exemple ! Oui, notre foi est portée par l'amitié des frères chrétiens, disciples de Jésus.

Nous le voyons dans tous les évangiles de la Résurrection, lorsque les disciples rencontrent ensemble le Réssuscité ou qu'ils se précipitent vers les autres pour leur raconter ce qu'ils ont vu…Et c'est même gravé au coeur de notre foi, dans le Credo, lorsque nous disons de manière unie notre foi à la Sainte Eglise catholique, à la résurrection de la chair et en l'Esprit Saint…

Cette amitié et cette fraternité entre les chrétiens, réceptacles et annonciateurs de la même foi, est donc fondamentale. Notre évêque en a fait toute cette année une "orientation" (direction) pour notre diocèse, pour que nous vivions notre foi de manière "communautaire, vivante, fraternelle, joyeuse et missionnaire". Et je crois que notre paroisse Sainte Foy le vit intensément à travers notamment les parcours Alpha qui déjà renouvellent notre amitié chrétienne…c'est palpable à l'oeil nu !

Aujourd'hui donc, en ce saint jour de la Résurrection, réjouissons-nous et rendons grâce pour l'amitié chrétienne ! Et si nous ne connaissons le prénom que de 3 paroissiens autour de nous, faisons l'effort d'aller à la rencontre d'un 4°, qui nous fera rencontrer un 5°, avec qui nous pourrons encore partager notre foi ! Avec le Christ, nous sommes des ressuscités, nous dit Saint Paul ! Réveillons-nous donc et que notre foi soit ouverte !

Une des lectures de l'Office du Samedi Saint disait ceci, tirée du prophète Osée : "Dans la détresse, ils me rechercheront : Allons ! Revenons au Seigneur ! C'est lui qui nous a déchirés, c'est lui qui nous guérira; lui qui nous a meurtris, il pansera nos blessures. Après deux jours, il nous rendra la vie, le 3° jour il nous relèvera."

Oui, frères et soeurs, la Résurrection du Christ est un formidable réveil. Mais pour recevoir cette grâce, pour en vivre réellement, il faut avoir fait l'expérience de mourir à quelque chose, d'être tombé vraiment, d'avoir nous-mêmes été blessés, transpercés…c'est à ce prix que jaillit la force de la Résurrection. Car le Christ est ressuscité …du tombeau ! Il est ressuscité d'entre les morts, et non du jardin d'enfant ! Il est donc nécessaire d'avoir été un moment "parmi les morts" : ceux qui ont été déçus par cette terre, ceux qui ont une vraie conscience de leurs fautes, ceux qui ont été blessés, trahis, ceux qui ont dû abandonner leur volonté à celle de Dieu…

Nous avons certainement de très nombreuses d'être déçus, désespérés, perdus, par notre société, par notre gouvernement, par notre propre famille. Que nous soyons âgés, d'âge mûr, ou même jeunes (chomâge en hausse pour les jeunes…). C'est pourquoi, l'amitié des chrétiens et la fraternité de notre foi est plus que jamais une force pour vivre et pour revivre.

Frères et soeurs, des hommes et des femmes crèvent aujourd'hui autour de nous de n'avoir pas rencontré le Christ ressuscité, j'en ai été le témoin encore cette semaine…Suivons de toute urgence les pas de Marie-Madeleine !

"Marie-Madeleine court donc trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, et leur dit : " On a enlevé le Seigneur de son tombeau et nous ne savons pas où on l'a mis."

Amen, Alleluia !
 

Dimanche 9 décembre : AVENT 2012

"Ne laisse pas les soucis de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils."

Frères et soeurs, cet été, nos évêques ont mis le feu aux poudres ! Eux, pour qui nous prions chaque jour, à chaque messe, chaque dimanche dans la prière universelle…Eux qui ont reçu cette difficile missionde rassembler et sanctifier le peuple de Dieu; ils ont aussi un ministère important de prédication, d'exhortation et d'annonce de l'Evangile pour notre temps.

Et ce été pourrait-on dire, "la parole de Dieu fut adressée dans le désert" à nos évêques ! C'est pourquoi, tous, Cardinaux (notamment de Paris, de Lyon, de Bordeaux) et évêques (vous avez pu le lire dans le dernier Catho 47 de novembre la déclaration de notre évêque, Mgr Herbreteau), ont demandé un débat de fond au sujet de la valeur universelle du mariage que le gouvernement veut transformer dans son essence.

Le feu a pris, et même de manière inespérée car quoiqu'on dise dans les Médias ou qu'ils ne disent pas : il n'y a pas que les catholiques, l'UMP ou les intégristes qui veulent  défendre les valeurs universelles du MARIAGE CIVIL. Car il y a une vraie communion entre tous les représentants des religions en France, avec de nombreux élus socialistes (vous avez peut-être déjà lu la déclaration de M. Jospin qui est contre ce projet de loi), avec des associations de personnes homosexuelles, avec la Caisse nationale des Allocations familiales, et bien d'autres institutions ou individus.

Je vous le dis donc aujourd'hui, comme avec l'esprit de Jean-Baptiste : nous sommes à un moment prophétique. Le Seigneur ne nous abandonne pas, et il crée même des moments de vraie communion, dont la France a tant besoin !

Alors, et frères et soeurs, dans ce temps de l'Avent où le Seigneur nous demande de préparer sa venue pour recevoir son Salut, "quittons notre robe de tristesse" et "marchons sans trébucher vers le jour du Christ" !

Les droits des personnes homosexuelles peuvent être respectés (le PACS existe en France et peut être en partie révisé); le droit des enfants à grandir  dans une société qui ne ment pas au sujet de leur origine doit être respecté; les mots de "père" et de "mère", de "grand-père" et de "grand-mère" doivent être conservés pour nos générations futures.

Nous sommes dans un pays démocratique et la voix du peuple peut être entendue. Que le peuple français, et le peuple de Dieu fasse entendre sa voix ! Retroussons nos manches, et comme nous le conseillent nos évêques, écrivons à nos élus, maires (officiers de l'Etat civil), députés et sénateurs. Retroussons nos manches pour préparer un digne berceau à l'Enfant-Dieu qui vient nous sauver.

"Ne laisse pas les soucis de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils."  Amen.

 

Dimanche 26 août 2012 : Clôture de la Mission à Casteljaloux

"C'est l'esprit qui fait vivre, la chair n'est capable de rien, dit Jésus. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie."

Frères et soeurs bien-aimés, depuis les 3 derniers dimanches, Jésus n'a pas cessé de nous répéter : "Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle." (St Jean, chapitre 6) Et tout à l'heure, il dira encore à chacun : "Prenez et mangez, ceci est mon coprs livré pour vous…Prenez et buvez, car ceci est le sang de l'Alliance pour la rémission des péchés."

Nous sommes réunis tous ensemble ce matin dans cette église pour célébrer un baptême, pour célébrer la clôture de notre Mission Saint Gabriel, pour prier la petite Thérèse (en présence de ses reliques), pour faire honneur au dimanche et à la prière dominicale…Et Jésus, au cours de notre rassemblement nous dit : 'Celui qui communie à moi a la vie éternelle'. Alors, allons-nous communier ? Et à quoi allons-nous communier ?

"Plutôt mourir que d'abandonner le Seigneur pour servir d'autres dieux !" disaient les Hébreux malgré bien des péripéties, à la fin de leur marche dans le désert…(première lecture)

Au cours de cette Mission, depuis mardi, beaucoup de personnes visitées ne nous ont pas caché qu'elles étaient catholiques. Oui, cela nous a frappé par rapport à d'autres années, ici, sur votre paroisse, beaucoup de personnes nous ont dit "moi aussi je suis catholique".

ETRE CATHOLIQUE, C'EST COMMUNIER A JESUS CHRIST : communier avec Jésus Christ. Communier à ses souffrances, communier à son Eglise, communier à son Esprit et à sa prière en lui parlant. Oui, nous les catholiques, et tous les chrétiens, nous ne sommes pas en soi meilleurs que les autres parce que nous sommes pécheurs, mais nous sommes appelés à être meilleurs, et même mieux : à être des saints ! Pourquoi ? Parce que nous sommes appelés à  communier avec le Seigneur Jésus Christ, en nous laissant habiter par sa Parole, en nous laissant conduire par son Eglise, en nous laissant aimer au-dedans de nous-mêmes. C'est communier à l'Espérance au-dedans de nous et au-dehors de nous, pour la vie de tous.

Nous sommes libres de croire ou de ne pas croire. Tout à l'heure, les parents, parrain et marraine de Zoé vont dire qu'ils croient en Jésus Christ notre Sauveur : ils sont libres de croire en Lui, ils ne sont pas forcés. D'ailleurs, c'est Jésus qui le dit lui-même à ses disciples aujourd'hui : "Voulez-vous partir vous aussi ?"…Et Simon-Pierre de lui répondre : "Seigneur, à qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle !"

Et j'aime particulièrement cette expression de Sainte Thérèse peu avant de mourir : 'maintenant, je ne vais pas vers la mort, je vais vers le Bon Dieu, car ce n'est pas la mort qui vient me prendre, mais c'est le Bon Dieu".

Frères et soeurs, nous sommes l'Eglise de Jésus. Nous sommes sortis de la maison d'esclavage. Et nous devons tout faire pour garder en nous et autour de nous la robe blanche de notre baptême. Cela nous demandera encore et encore des efforts. Mais nous qui sommes "l'Epouse" comme dit Saint Paul aujourd'hui, la "femme" de Jésus, redressons-nous et faisons tout pour purifier sans cesse notre robe blanche. Lui, Jésus Christ, notre Epoux et notre Seigneur, nous aime et nous appelle à communier à Lui.

Alors, tout à l'heure, ne communions pas au Corps du Christ si nous ne le pouvons pas, mais soyons tous ensemble bien unis à Lui. Tout peut chavirer, Lui est le Maître du bateau !

"C'est l'esprit qui fait vivre, la chair n'est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie".

Comme le disait Sainte Thérèse et avant elle un autre docteur de l'Eglise : 'Aime, aime, aime Jésus. Aime, et fais ce que tu veux !"   Amen.

 

Dimanche 28 août 2011 : Clôture de la Mission à Sainte Livrade 

"Jésus dit à Pierre : Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route; tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes."

Frères et soeurs, nous étions la semaine dernière aux Journées Mondiales de la Jeunesse à Madrid, avec le Pape Benoît XVI, et aujourd'hui, nous voilà avec vous. Au cours de notre mission catholique de porte à porte, nous avons sillonné Casseneuil, Sainte Livrade et Monclar, 3 communes de votre paroisse.

Ce qui nous passionne, c'est d'être à l'écoute de chacun ! Ecouter, échanger des regards, des sourires, prier et bénir, même ceux qui ne nous comprennent pas…ne pas juger. Souvent, des personnes ont pu croire que nous étions fous de perdre du temps pour se faire remballer ou entendre des personnes campées dans leur position de "croyants non pratiquants", ou plutôt pour écouter les vies si riches de chacun au nom de Jésus et de sa visite auprès des hommes…Oui, il y a un peu de folie dans cette gratuité, et parce que nous n'avons rien à vendre ! Oui, pour nous, perdre c'est gagner : Jésus le dit : "Celui qui veut sauver sa vie la perdra".

Cependant, nous ne sommes pas parfaits, nous sommes des chrétiens avec des défauts, comme Pierre, comme Moïse (qui a tué un homme), comme David (qui a commis l'adultère), comme Jérémie (qui se rebelle contre la volonté de Dieu)…comme Livrade et ses soeurs, bien qu'elles aient donné leur vie au Christ. Pourquoi donc être passionnés par Jésus comme Pierre, Livrade, et tous les saints alors que nous savons que nous allons aussi le trahir ? Est-ce de l'hypocrisie ? de l'inconscience ? du mensonge ?

…Pour moi, la réponse m'a été donnée par un évêque africain (du Congo), la semaine dernière, au cours des JMJ : "c'est à cause du regard d'amour que Jésus porte sur chacun de nous". "Passe derrière moi Satan", dit Jésus, et non "Passe derrière moi Pierre" ! c'est-à-dire que Jésus ne rejette pas Pierre, mais il apprend à Pierre à se détacher du mal ! Se détacher du mal, être délivré, être "libéré" (Cf Ste Liberata), cela ne veut pas dire avoir les premières places sur les autels ou dans les églises, mais cela veut dire : ETRE REGARDE et ECOUTE par Dieu avec Amour !…et cela depuis notre baptême et toujours.

"Seigneur, tu as voulu me séduire et je me suis laissé séduire…Il y a avait en moi comme un feu dévorant, au plus profond de mon être", dit l'Ecriture.

Jésus, ce Coeur brûlant d'amour qui a embrassé le petit coeur du Bienheureux Marie-Joseph Cassant, Jésus a ce regard sur Pierre et sur chacun des hommes.

Mais nous ne pourrons porter ce même regard de Jésus sur les autres, que si nous acceptons son regard débordant d'amour et de miséricorde sur nous. Ce regard qui, par amour, ose nous dire : "Passe derrière moi, Satan, tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes."

Vivons de cet amour exigeant du Christ !  Amen.

 

Dimanche 10 Octobre 2010 : Saints Fondateurs

" Je ne te demande pas que tu les retires du monde, mais que tu les gardes du Mauvais (…) Consacre-les par la vérité, ta parole est vérité."

Frères et soeurs, nous sommes d'heureux héritiers. Héritiers de martyrs de la foi chrétienne, héritiers de fondateurs qui ont bâti l'Eglise par le don des sacrements, le don du Saint Esprit, par le don fait aux pauvres, et par le don d'églises-bâtiments pour rendre gloire à Dieu. Certains ont donné toute leur vie, parfois donc sans avoir peur de verser leur sang innocent pour la paix du Christ. D'autres ont donné leurs biens pour le service de la charité, pour que la bonté du Seigneur Jésus atteigne gratuitement les plus pauvres, comme Jésus nous le commande.

D'autres ont donné leur temps précieux pour le service, pour la liturgie, pour la transmission de la foi, et ce depuis le IVeme siècle !

Oui, mes amis, nous sommes d'heureux héritiers !!

Heureux d'appartenir à cette histoire, heureux de bénéficier de ces largesses, heureux d'avoir reçu et de vivre de l'Evangile vivant de Jésus, le "Christ" de Dieu. Et je suis admiratif aujourd'hui, comme prêtre de cette paroisse depuis un an, de voir que l'Evangile de Jésus pour lequel nos premiers martyrs sont morts, cet Evangile ne reste pas lettre morte dans le coeur de la plupart d'entre vous…

Je pense tout d'abord au soutien des plus petits et des plus pauvres, par exemple dans les maisons de retraites : chaque semaine, dans six maisons de retraites, une petite équipe de chrétiens va visiter les pensionnaires isolés, sans trop de famille et souffrant de leur handicap dû à l'âge ou à la maladie. Et nous prêtres, sans aucune contre-partie que la joie de servir les plus petits, nous venons leur célébrer l'Eucharistie deux fois par mois.

"Jamais nous n'avons recherché les honneurs ni auprès de vous, ni auprès des autres hommes" disait Saint Paul au Thessaloniciens.

Je pense à tous ceux et celles qui ne comptent pas leur énergie ni leur temps pour rendre ce service essentiel de la transmission de la foi, tout particulièrement aux plus jeunes : environ cinquante adultes (caté du public, collégiens, établissements catholiques…) de manière hebdomadaire, mensuelle ou bi-mensuelle transmettent la foi en Jésus Christ Sauveur et initient à la prière plusieurs milliers de jeunes. Ce n'est pas assez, mais quelle générosité, quel sérieux dans la réponse à l'appel de Jésus : "De toutes les nations, faites des disciples !".

"Ma forteresse et mon roc, c'est toi" disait le Psaume… Et encore "Ils se mirent à discuter avec Etienne, mais sans pouvoir tenir tête à la Sagesse et à l'Esprit Saint qui inspiraient ses paroles"… n'est-ce pas ce que certains d'entre eux vivent encore aujourd'hui ?!

Je pense encore aux visiteurs de la Maison d'arrêt et à ceux qui accompagnent des situations limites familialement et socialement… : ils ne font pas parler d'eux dans la presse, mais ils rendent témoignage de Jésus et de son Eglise ici à Agen chaque semaine, voire chaque jour. Quelle fidélité à l'Evangile ! "Père Saint, disait Jésus, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom" et encore Etienne s'écriant d'une voix forte : "Seigneur, ne leur compte pas ce péché."

Je pense encore aux priants : ceux et celles qui confient toutes nos intentions et toutes leurs intentions à la Vierge Marie par la prière du chapelet tous les jours ou toutes les semaines. Combien sommes nous ?! Dieu seul le sait… plusieurs centaines certainement. Je pense à ceux et celles qui se déplacent pour aller dans telle ou telle église  où est célébrée la prière de l'Eucharistie, cette fraction du pain de vie que nous avons reçu de Jésus lui même… Je pense aux prêtres, mes confrères, qui jusqu'à leur grand âge accomplissent ce ministère pour nourrir le peuple de Dieu.

"Nous voudrions vous donner, disait Saint Paul, non seulement l'Evangile de Dieu, mais tout ce que nous sommes, car vous nous êtes très chers."

Mes amis, j'ai retenu quatre exemples de ce service de l'Evangile que nous reprenons à notre charge, dans l'héritage de nos saint fondateurs. Quatre exemples parmi les plus nécessaires et les plus vitaux de l'Eglise. Peut-être certains parmi nous font-ils autre chose encore : c'est bien ! Mais interrogez-vous aussi si vous n'êtes pas parmi ces services de l'attention aux personnes isolées, de la catéchèse des enfants et des jeunes, de l'écoute et de l'accompagnement des pauvres et des pécheurs, et du service de la prière de l'Eglise.

Car le Seigneur a vraiment besoin de vous ! Et compte aussi sur vous !

"Je ne te demande pas que tu les retires du monde mais que tu les gardes du Mauvais (…)

Consacre-les par la vérité, ta parole est vérité."

Amen.

 

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